🏦 Le grand secret des banques

elles prêtent de l'argent qu'elles n'ont pas

Édition n°85 - 04/03/2026

🗓️ Cette édition est envoyée toutes les deux semaines. N’hésitez pas à la partager 😍 

L’épargne, c’est de la liberté frappée, une liberté à venir.

Salut à toi ! 👋

Tu as peut-être déjà entendu l'expression "réserves fractionnaires".

C'est le genre de terme qui donne l'impression que c'est compliqué et réservé aux économistes en costume (je suis en t-shirt là)

En réalité ?

C'est le mécanisme le plus important du système financier mondial. Et une fois que tu l'as compris, tu regardes ton compte en banque (et toute ton épargne) d'un œil complètement différent.

Mais ce n'est pas tout.

Ce système traite les actifs de manière radicalement différente selon leur nature.

  • Les bons du Trésor américain ? Chouchoutés.

  • Les actions ? Tolérées.

  • Le crypto ? Beurk.

Et ça, ça te concerne directement en tant qu'épargnant.

⏱️ Temps de lecture : ~ 9 min (le temps d'un café avec deux croissants)

Boîte à outils

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🏦 Le grand secret des banques

🎩 Le tour de magie légal

Voici une question simple: Tu déposes 1 000 € sur ton compte en banque.

Combien ta banque garde-t-elle réellement dans son coffre ?

👉 100 € si elle applique un ratio de réserve de 10 %

👉 Parfois encore moins. Parfois 30 €. Parfois rien du tout.

C'est ça, le système des réserves fractionnaires.

La banque ne garde qu'une fraction de tes dépôts en réserve. Et avec le reste ? Elle prête.

  • Elle prête à ton voisin pour son crédit immo.

  • À une entreprise pour ses investissements.

  • À l'État pour ses dépenses.

Et ce voisin ? Il dépose cet argent dans sa banque. Qui garde une fraction… et prête le reste. Et ainsi de suite.

1 000 € déposés peuvent ainsi "créer" 9 000 € de crédits supplémentaires dans le système.

En clair : l'argent que tu crois détenir n'existe pas vraiment. C'est une promesse.

C’est d’ailleurs pour ça qu’elle te propose un rendement : le rendement rémunère l’argent que tu lui as prêté.

⚙️ Mais comment les banques ne s'effondrent-elles pas ?

Bonne question! (merci de me la poser!)

Si tout le monde retire son argent en même temps (ce qu'on appelle un bank run) la banque est morte.

C'est exactement ce qui s'est passé avec la Silicon Valley Bank en mars 2023 : 42 milliards de dollars retirés en une seule journée. 💀

Alors pour éviter ce scénario catastrophe, les régulateurs ont inventé des règles.

Ces règles s'appellent les accords de Bâle (I, II, et III).

Leur principe ? obliger les banques à détenir suffisamment de capital "solide" pour absorber les chocs.

Et c'est là que ça devient fascinant.

Parce que tout le système repose sur une hiérarchie des actifs. Selon ce que la banque détient dans son bilan, elle a le droit de prêter plus… ou moins.

📊 Tous les actifs ne sont pas égaux, et c'est là que ça te concerne

Imagine que ta banque doit "mettre de côté" une part de capital pour chaque actif risqué qu'elle détient.

Ce pourcentage s'appelle le haircut (la décote) ou la pondération du risque.

Voici comment le système les classe, du plus favorisé au moins favorisé :

  1. 🟢 Les chouchous du système (pondération 0 %) 

    1. Les bons du Trésor américain (T-Bills, T-Bonds) et les obligations souveraines notées AAA (OAT françaises… tant qu'elles sont bien notées).

    2. Pondération de risque : 0 %.

    3. Traduction : une banque peut en détenir autant qu'elle veut sans immobiliser un seul euro de capital en face.

    4. C'est pour ça que les États adorent émettre de la dette : le système bancaire est structurellement incité à en acheter. Ce n'est pas du hasard. C'est de la conception.

  2. 🟡 Les actifs "normaux" (pondération 20 % à 100 %) 

    1. Les obligations d'entreprises, les prêts immobiliers, les actions : pondérations variables selon la qualité et la notation.

    2. Une banque qui détient des actions doit immobiliser entre 100 % et 250 % de leur valeur en capital selon Bâle III.

    3. Les actions, c'est risqué. Le régulateur le dit clairement.

  3. 🔴 Les parias (pondération 1 250 % - oui, tu as bien lu)

    1. Jusqu'à très récemment, les cryptoactifs étaient dans cette catégorie selon les recommandations du Comité de Bâle de 2022.

    2. 1 250 % de pondération, ça voulait dire : une banque qui achète 1 million d'euros de Bitcoin devait immobiliser 12,5 millions d'euros de capital en face. C'était économiquement impossible. Une façon élégante de dire aux banques : "Ne touchez pas à ça."

🔄 Pourquoi ce système favorise structurellement la dette d'État

Prenons du recul.

Le système des réserves fractionnaires + les règles de Bâle créent ensemble une mécanique très précise :

  • 👉 Les banques sont récompensées quand elles prêtent à l'État (obligation souveraine = 0 % de capital immobilisé).

  • 👉 Les banques sont pénalisées quand elles détiennent des actifs alternatifs.

Résultat : des milliers de milliards d'euros de capitaux bancaires mondiaux sont orientés vers les dettes souveraines, qu'importe leur qualité réelle.

La France emprunte à 10 ans à 3,6 %. L'Italie à 3,8 %. Des pays structurellement déficitaires, avec des dettes explosives.

Et les banques achètent quand même.

Parce que le système les y encourage. Parce que ça ne "coûte" rien en capital réglementaire.

C'est ainsi que les États peuvent continuer à dépenser au-delà de leurs moyens. Les banques servent de chambre de compensation entre les contribuables futurs et les besoins présents des gouvernements.

Élégant, non ? 😅

🥇 L'or, cet actif que le système ne peut ni favoriser, ni détruire

L'or occupe une position unique dans cette hiérarchie.

Sous Bâle III, l'or physique est classé en "Tier 1" (le niveau de capital de la plus haute qualité) mais avec une pondération de risque de 0 % uniquement s'il est détenu physiquement dans les coffres de la banque.

Pas en ETF. Pas en certificat. Pas en "or papier".

Le métal. Dans le coffre. (le pognon, c’est à la pogne)

C'est une distinction cruciale. Et elle dit beaucoup sur ce que le système considère comme "réel".

Mais voilà le paradoxe : malgré cette reconnaissance réglementaire, aucune banque commerciale ne t'incitera jamais à acheter de l'or physique.

Parce qu'elle ne peut ni le prêter, ni le démultiplier, ni générer des frais dessus. L'or physique échappe complètement à la mécanique des réserves fractionnaires.

Un lingot dans ton coffre, c'est un lingot. Pas 10. Pas 100.

C'est de la monnaie qui refuse de jouer le jeu.

💰 Ce que tu dois retenir en tant qu'épargnant

Ce système a une logique interne implacable.

Il n'est ni bon ni mauvais. Il est simplement conçu pour servir certains intérêts.

Et une fois que tu comprends sa mécanique, tu peux en tirer des conclusions très concrètes :

1. Les obligations souveraines sont "favorisées" par construction. C'est pour ça qu'elles trouvent toujours preneurs, même quand les États sont en mauvaise santé. Tant que Bâle III existe, les banques doivent en acheter. C'est une demande structurelle artificielle.

2. Les actifs "hors système" (or, Bitcoin) ne bénéficient d'aucun avantage réglementaire. C'est précisément pour ça qu'ils sont précieux comme couverture. Ils ne dépendent d'aucune promesse d'État, d'aucune faveur réglementaire. Ce que le système ne peut pas favoriser, il ne peut pas non plus le détruire.

3. La vraie question n'est pas "est-ce que le système est juste ?" C'est : "Maintenant que je sais comment il fonctionne, comment est-ce que je me positionne ?"

🎯 Une mission si tu l'acceptes :

Regarde ton épargne aujourd'hui et demande-toi :

  • Quelle part est dans des produits qui dépendent de la confiance dans le système bancaire (livrets, fonds euros, obligations souveraines) ?

  • Quelle part est dans des actifs qui existent indépendamment de ce système ?

✨ Conclusion

Le système bancaire n'est pas une arnaque.

C'est une architecture de confiance qui fonctionne tant que tout le monde y croit.

Mais maintenant que tu en connais les règles, tu peux jouer intelligemment :

  • Obligations souveraines et fonds datés → le système les protège structurellement. Utilise-les.

  • Or physique et Bitcoin → ils n'existent pas dans cette mécanique. C'est précisément leur force.

👉 On en reparle très vite et n’hésite pas à me donner ton avis !

À très bientôt,
🔥 Marc

L’image de la semaine ! 😁 

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