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Ce que personne n’ose dire sur la croissance et l’emploi
Après la destruction créatrice, la croissance sans travail ?
Édition n°82 - 21/01/2026
🗓️ Cette édition est envoyée toutes les deux semaines. N’hésitez pas à la partager 😍
L’épargne, c’est de la liberté frappée, une liberté à venir.
Salut à toi! 👋
Mais quel début d’année !
Au-delà de ce qui se passe en Iran, au Venezuela, avec le Groenland, ce qui me questionne est l’avancée hallucinante de l’Intelligence Artificielle.
Je suis bluffé et en même temps, j'y vois un certain malaise, notamment d’un point de vue économique et je vais expliquer ça dans cette newsletter!
⏱️ Temps de lecture : ~ 7 min (le temps d’un café sans croissant)
Boite à outils
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Tu as une Assurance Vie ? Optimise ta clause bénéficiaire
Si tu as des idées d’outils à créer, n’hésite pas à me le dire :-), j’adore ça!
Ce que personne n’ose dire sur la croissance et l’emploi
Schumpeter avait-il déjà tout prévu ?
Dans une vieille newsletter publiée il y a 2 ans, j’évoquais la notion de Croissance et ses origines.
J’y expliquais l’idée fondatrice du capitalisme moderne : la destruction créatrice, théorisée par Schumpeter.
Son idée est simple: “le capitalisme progresse en détruisant l’ancien pour faire émerger le nouveau”
Les exemples sont connus :
les ampoules ont remplacé les bougies
les voitures ont remplacé les calèches
les machines ont remplacé certains travaux manuels
À chaque fois :
des métiers disparaissent ❌
d’autres apparaissent
la productivité augmente
la société s’adapte
👉 Vu sous cet angle, l’IA n’est qu’une innovation de plus
Vraiment ?
Ce que l’histoire nous raconte 😌
Les précédentes révolutions industrielles avaient un point commun fondamental : elles déplaçaient le travail, mais ne le rendaient jamais inutile.
Quand la voiture a remplacé la calèche :
on a perdu des cochers,
mais créé des mécaniciens 🔧,
des ingénieurs 🧠,
des ouvriers 🏭,
des infrastructures entières 🛣️.
👉 Le solde était positif. Le travail restait la clé d’entrée dans la société 🔑.
Le message implicite était clair : Si tu n’as pas de capital, apporte ton travail. Tu trouveras ta place.
C’est ce pacte qui a structuré nos sociétés pendant plus d’un siècle ⏳
Ce que l’IA change radicalement ⚠️
Les innovations passées remplaçaient :
la force musculaire
des gestes répétitifs
des outils 🛠️
L’IA, elle, concurrence directement :
l’analyse
la synthèse
la rédaction
la programmation 💻
la prise de décision intermédiaire 🎯
👉 Pour la première fois, une technologie concurrence le cerveau humain, pas ses muscles.
La création de valeur devient découplée du nombre de travailleurs. C’est un point fondamental.
Ce n’est pas une crise conjoncturelle.
Ce n’est pas un “mauvais moment”.
Ce n’est pas un trou d’air.
C’est un changement de régime économique.
Croissance sans emplois
Ok, et quelle est la conséquence de ce nouveau régime économique ?
On commence à observer aux US quelque chose qui pourrait étonner :
une croissance économique solide
des profits d’entreprises en hausse 💰
des marchés financiers dynamiques
👉 …et pourtant, un marché de l’emploi qui se dégrade.
Autrement dit : la création de valeur n’entraîne plus mécaniquement la création d’emplois.
Et ce n’est pas une crise passagère.
C’est un changement de paradigme.
Croissance sans emplois : la conséquence
Depuis toujours, nos grilles de lecture reposent sur la même hypothèse : croissance économique = création d’emplois.
C’est vrai pour :
nos prévisions économiques 📊
nos projets de loi de finances 🏛️ (quand on en a - coucou Lecornu!)
les budgets des États
les systèmes de protection sociale
et même nos projections démographiques et fiscales
Toute la machine est calibrée sur cette relation.
MAIS l’IA nous oblige à envisager un scénario différent :
👉 une croissance réelle, soutenue…
👉 sans création nette d’emplois.
Pas une récession. Pas un effondrement. Mais une économie qui crée de la valeur sans absorber plus de travail humain.
Autrement dit :
le PIB peut monter
les profits peuvent augmenter 💰
les marchés peuvent bien se porter 📊
…tout en laissant une partie croissante de la population sur le côté…
Un monde économiquement prospère, mais socialement tendu
Dans un tel monde, ce ne sont pas que les entreprises qui souffrent.
Ce sont aussi les modèles de redistribution.
Parce que :
les recettes fiscales reposent encore massivement sur le travail, surtout en France
les dépenses sociales supposent un emploi majoritaire
et la stabilité politique suppose une corrélation entre effort et revenu
Si la croissance se découple durablement de l’emploi, alors ce n’est pas l’économie qui doit s’ajuster en premier, mais notre manière de nous y positionner individuellement.
La conséquence logique pour toi, épargnant
Dans un monde où :
la croissance continue,
mais l’emploi ne suit plus,
👉 le travail devient un facteur de risque,
👉 le capital redevient le principal vecteur d’exposition à la croissance, notamment via l’investissement
Il ne s’agit pas de spéculer.
Il s’agit de se placer du bon côté de la décorrélation.
Il faut donc s’exposer :
aux entreprises capables de croître sans dépendre massivement du travail humain,
aux modèles scalables,
aux acteurs qui captent les gains de productivité de l’IA.
C’est ainsi que l’on pourra maintenir notre pouvoir d’achat.
✨ Conclusion
Peut-être que la vraie question n’est plus : “Y aura-t-il de la croissance ?”
Mais plutôt : “Qui bénéficiera de cette croissance… si elle ne crée plus d’emplois ?”
Et dans ce monde-là, il faudra tout repenser au niveau des Etats, comme des individus pour mieux se protéger.
Bref, ça me donne le vertige ! Mais je suis curieux d’avoir ton avis!
À très bientôt,
🔥 Marc
Vidéo de la semaine 🤣
🤗 C’est tout pour cette semaine !
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